Tamas Zanko HU, 1931-2009

Biographie de l'artiste / artist's biography

 

Tamás Zanko (1931–2010) est un artiste franco-hongrois au parcours singulier, marqué par l’exil, l’expérimentation et une réflexion constante sur l’image. Né à Budapest dans une famille bourgeoise, il étudie aux Arts décoratifs de sa ville natale avant de quitter la Hongrie après l’insurrection de 1956. Arrivé en France, il poursuit sa formation aux Beaux-Arts de Paris puis en scénographie aux Arts décoratifs, où il rencontre la designer textile Anne Zanko, qu’il épouse en 1962.

Dans les années 1960, il expose à la Biennale de Paris (1963, 1965) et rejoint des scènes artistiques alternatives, aux côtés de Ben Vautier, Jean Le Gac ou Christian Boltanski. En 1969, sa performance La Tombe — lors du programme Work in Progress au Centre Américain — marque une rupture : il y enterre ses pinceaux, proclamant la fin de la peinture de chevalet, dans une mise en scène photographiée par Boltanski. Dès les années 1970, Zanko développe un travail profondément conceptuel autour de la notion de « réflexion », en peinture comme en pensée. Il crée un support singulier, Le Jok’ toile sombre et réfléchissante, qui ouvre un dialogue entre motif, environnement et spectateur. 
 
Zanko réalise plusieurs murs peints à Paris et Levallois (L’Ombre de l’arbre, Le Peintre de l’ombre, Venise à Levallois) et conçoit des projets d’architecture poétique pour des concours parisiens, dont L’Opéra des Halles ou Utopia : fragments pour une cité idéale, aujourd’hui conservés au CNAP.
 

Tamás Zanko (1931–2010) was a Franco-Hungarian artist with a unique career marked by exile, experimentation, and a constant exploration of the image. Born in Budapest into a middle-class family, he studied at the School of Decorative Arts in his hometown before leaving Hungary following the 1956 uprising. Upon arriving in France, he continued his studies at the École des Beaux-Arts in Paris and then in scenography at the École des Arts Décoratifs, where he met textile designer Anne Zanko, whom he married in 1962.

In the 1960s, he exhibited at the Paris Biennale (1963, 1965) and became involved in alternative art scenes alongside Ben Vautier, Jean Le Gac, and Christian Boltanski. In 1969, his performance *La Tombe*—as part of the *Work in Progress* program at the American Center—marked a turning point: he buried his paintbrushes there, proclaiming the end of easel painting, in a staged scene photographed by Boltanski. Beginning in the 1970s, Zanko developed a deeply conceptual body of work centered on the notion of “reflection,” in both painting and thought. He created a unique medium, *Le Jok’*—a dark, reflective canvas—that establishes a dialogue between motif, environment, and viewer.

Zanko created several murals in Paris and Levallois (L’Ombre de l’arbre, Le Peintre de l’ombre, Venise à Levallois) and designed poetic architectural projects for Parisian competitions, including L’Opéra des Halles and Utopia: fragments for an ideal city, now preserved at the CNAP.