[EXPOSITION]: PHILIPPE HORTALA, VOILÀ L'ÉTÉ

4 Juin - 25 Juillet 2026
VERNISSAGE LE JEUDI 4 JUIN, 17H-20H. 
 
 
Nous sommes très heureux de vous présenter pour la première fois à la galerie la série des Intérieurs de l'artiste Philippe Hortala réalisée entre 1984 et 1986. 
 
Voilà l’été
 
Voilà l’été, j’aperçois le soleil
Les nuages filent et le ciel s’éclaircit
Et dans ma tête qui bourdonnent
Les abeilles !
J’entends rugir les plaisirs de la vie
C’est le retour des amours
Qui nous chauffe les oreilles
Il fait si chaud
Les Négresses vertes, 1988

 

 

De retour de Barcelone, Philippe Hortala quitte le blouson noir pour la chemise à fleurs. Dès 1985, il peint et expose ses intérieurs, des vues d’appartement aux couleurs vives, électriques, aux perspectives bousculées, béantes. L’intimité domestique grouille d’objets et de détails pour qui sait regarder. C’est un chaos organisé, un électrochoc visuel : on ne sait si le dedans verse dans le dehors ou plutôt l’inverse. Le regard du spectateur plonge   souvent, surplombant les sujets du tableau : rien n’est droit, tous les volumes et les ouvertures surgissent de biais, entrechoqués comme dans un décor de film expressionniste (Le cabinet du docteur Caligari) :  en premier lieu des fenêtres, des balcons, des portes et des tiroirs ouverts, des écrans allumés de télévision -avec de la neige, des images incertaines -, des tableaux aux murs. A l’intérieur la vie est lente quotidienne, comme écrasée par la chaleur. La lumière du jour entre dans ces intérieurs, allonge les ombres sur le sol, la chaise, la table… Parfois la nuit, l’appartement toujours abondamment éclairé. La vie du dehors est pleine de vacarme, les usines avec les cheminées qui fument, les avions passant au ras, dont on voit le ventre, les ailes, les hélices qui tournent, les réacteurs. Comme une menace. Du reste les lustres à pampilles s’en balancent au plafond (1).  Ces tableaux forment le théâtre d’une vie bruyante, une vie extraordinaire à force d’exagération : le paysage entre dans l’appartement.

 

Extrait texte, communiqué exposition Philippe Hortala, voilà l’été.

Benoit Decron, historien de l’art,  directeur honoraire du musée Soulages, Rodez.

 

 

We are very pleased to present, for the first time at the gallery, the “Interiors” series by artist Philippe Hortala, created between 1984 and 1986. 


 
Here Comes Summer

 
Here comes summer, I can see the sun
The clouds are racing by and the sky is clearing
And in my head, buzzing away
The bees!
I hear the roars of life’s pleasures
It’s the return of love
That warms our ears
It’s so hot

Les Négresses vertes, 1988

 

 

Back from Barcelona, Philippe Hortala trades his black jacket for a floral shirt. 
As early as 1985, he began painting and exhibiting his interiors—vibrant, electric views of apartments with jumbled, gaping perspectives. Domestic intimacy teems with objects and details for those who know how to look. It is organized chaos, a visual shock: one cannot tell whether the inside spills into the outside or rather the other way around. The viewer’s gaze often plunges downward, overlooking the subjects of the painting: nothing is straight; all volumes and openings emerge at an angle, colliding as in the set of an expressionist film (The Cabinet of Dr. Caligari):  first and foremost windows, balconies, doors, and open drawers, lit television screens—with static, uncertain images—and paintings on the walls. Inside, daily life moves slowly, as if crushed by the heat. Daylight streams into these interiors, casting long shadows on the floor, the chair, the table… Sometimes at night, the apartment remains brightly lit. Life outside is full of noise: factories with smoking chimneys, planes flying low, their bellies, wings, spinning propellers, and jet engines visible. Like a threat. Moreover, the chandeliers with their pendants swing from the ceiling (1). These scenes form the stage for a noisy life, a life that is extraordinary through its very exaggeration: the landscape enters the apartment.
Excerpt from the press release for the Philippe Hortala exhibition, “Here Comes Summer.”

Excerpt from the press release for the Philippe Hortala exhibition, “Here Comes Summer.”
Benoit Decron, art historian, honorary director of the Soulages Museum, Rodez.